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Les éditeurs indépendants
de bande dessinée
en europe francophone

De nombreux titres s’attardent l’histoire et le rôle des éditeurs indépendants de BD en Europe francophone, tout particulièrement à partir de la fin du XXe siècle. Ouvrages émanant des maisons d’éditions elles-mêmes, collectifs universitaires, livres d’entretiens, périodiques… le choix s’enrichissant sur les étagères de Stripologie.com, votre libraire a pensé qu’il était bon d’y consacrer un dossier de synthèse, avec pour objectif de donner une vision d’ensemble de cette littérature tout en aidant à mieux comprendre les enjeux et les intentions qui animent le milieu de l'édition indépendante de bande dessinée.

Les grands groupes de bande dessinée sont assez peu nombreux dans la sphère francophone européenne. Le groupe Média Participation est certainement le premier d’entre eux. Il fédère les maisons Fleurus, Dupuis, Dargaud, Le Lombard, Kana, Éditions Blake et Mortimer, Urban Comics et Lucky Comics. Soit un périmètre considérable. On comptera aussi parmi les groupes les plus importants Glénat, Delcourt et Casterman.

Outre ces spécialistes de la bande dessinée, qui ne s’en contentent cependant pas, on trouve à l’inverse des maisons pour lesquelles le 9e Art ne représente qu’une activité éditoriale parmi de très nombreuses autres, souvent plus anciennes. On placera dans cette catégorie les Éditions Denoël pour leur collection Denoël Graphic, ou encore Actes Sud pour Actes Sud BD.

Il existe enfin de très nombreuses maisons de taille moindre, dont la désignation (« petits éditeurs », « labels indépendants ») à quelque fois prêtée le flanc à la polémique. Souvent fondées par des artistes, ces maisons sont fragiles et disposent de ressources parcimonieuses. Mais elles ont contribué de manière puissante à l’émergence de nouveaux artistes et de nouvelles approches.

Le présent dossier présente une sélection d’ouvrages permettant de mieux comprendre l’histoire et le rôle de ces maisons indépendantes dans la bande dessinée francophone européenne à compter de la fin du XXe siècle.

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Les éditeurs de bande dessinée, Thierry Bellefroid, Niffle, 20015En 2005, les Éditions Niffle confient à Thierry Bellefroid la rédaction d’un ouvrage intitulé Les éditeurs de bande dessinée. S’il ne s’attache pas spécifiquement aux indépendants, ce livre leur consacre toutefois de nombreuses pages, interrogeant ainsi Jean-Christophe Menu de L’Association ou encore Jean-Louis Gauthey de Cornélius.

Ces deux maisons sont particulièrement représentatives de la mouvance indépendante. Une représentativité qu’on n’exprimera pas en termes éditoriaux, car les maisons indépendantes présentent un spectre artistique très large, tant en ce qui concerne les auteurs publiés ou la forme des livres que les partis pris politique. Cette représentativité qui se manifeste plutôt en matière de visibilité sur la scène de la bande dessinée francophone : L’Association et Cornélius, ainsi que, dans une moindre mesure, le Fremok et Ego Comme X, ont été des modèles observés et suivis, dont la seule présence a pu susciter de nombreuses autres vocations (pas seulement chez les indépendants d’ailleurs).

L'Association - une utopie éditoriale et esthétiqueD’entre ces deux maisons, L’Association est très certainement celle que l’on peut considérer comme symbolisant ces éditeurs indépendants qui ont contribué aux transformations de la discipline à la charnière des années quatre-vingt-dix. En 2011, le groupe ACME de recherche universitaire sur la bande dessinée, regroupant des auteurs plutôt installés dans le Nord de la France ou en Belgique, a publié aux Impressions nouvelles une somme d’articles sur L’Association , sous-titrée « une utopie éditoriale et esthétique ». 

Quoi !Paru en 2011, le précédent titre ne s’attarde pas sur les dissensions internes à la maison d'édition qui l’agitèrent cette même année. Pourtant, ce petit séisme ébranla L’Association et secoua le milieu de la bande dessinée française. À ce sujet, on pourra compléter la lecture du livre des Impressions nouvelles avec Quoi !, un ouvrage édité toujours cette même année, mais cette fois-ci par L’Association. Quoi ! rassemble une série de réactions d’auteurs, fondateurs ou non de la maison parisienne à l’hydre, suite aux événements qui ont conduit à l’éviction de Jean-Christophe Menu de la structure.

Bananas numéro 6Toujours au sujet des événements qui conduisirent à la réorganisation de L’Association, on lira avec intérêt le sixième numéro de la revue Bananas. Le rédacteur en chef et fondateur de la revue, Évariste Blanchet, y signe en effet un texte intitulé « Assemblée Générale Extraordinaire de l'Association » qui revient sur l’un des moments clés de la crise que vécu la maison à l’hydre. Témoignage écrit, rare et précieux, d’un observateur du milieu de la bande dessinée français, membre de L’Association et qui, en tant que tel, participa donc à la dite assemblée.

Plate-bandesEn ce qui concerne Jean-Christophe Menu, dont le rôle d’éditeur ne peut être négligé, quand bien même son importance au sein de L’Association a été débattue (entre autre dans le titre précédemment cité), Plates-bandes, son pamphlet vaut également le coup d’œil. Non qu’il s’attarde spécifiquement sur L’Association, mais bien plutôt parce que les récriminations de Menu vis-à-vis d’une partie du monde de la bande dessinée éclairent, quoi qu’indirectement, son propre travail d’éditeur, et sa vision du marché de l’édition de bandes dessinées.

CornéliusDe son côté, Cornelius a moins fait couler d’encre. Toutefois, on notera que la maison fondée par Jean-Louis Gauthey a publié en 2007, à l’occasion d’une exposition qui lui était consacrée à Lorient, un petit ouvrage rétrospectif. Ce livre, qui tient lieu de catalogue de l’exposition, mett bien l’accent sur l’exigence de qualité qui caractérise depuis toujours cet éditeur. C’est un livre hors commerce, qui n’est pas aisé à trouver. 

PL3 - 32 ans de bande dessinéeLa maison PLG est loin d’avoir la position de L’Association ou de Cornelius. Toutefois, elle dispose d’une notoriété certaine : PLGPPUR (pour Plein la gueule pour pas un rond) a d’abord été un fanzine luxueux, presque un magazine, ayant publié du temps de leurs jeunes années un grand nombre d’artistes passés ensuite à la célébrité (Jacques Tardi, Jean-Claude Denis, Daniel Goossens, etc.). Outre le fanzine, désormais éteint, PLG a également publié de nombreux albums (Pinelli, Benoît Barale alias BSK, Colonel Moutarde, etc.). Cet éditeur, installé à Montrouge, dispose aujourd’hui d’une belle collection d’ouvrages sur la bande dessinée, intitulée « Mémoire vive ». En 2009, avec un peu de retard sur son calendrier, PLG a édité un livre commémorant ses trente-deux années d’existence (la sortie était prévue pour le trentième anniversaire…), sous-titré « 32 ans de bande dessinée ».

6 Pieds sous terre, l'animal a 20 ans6 Pieds sous terre est un éditeur du sud de la France né au début des années quatre-vingt-dix et à l’origine d’un catalogue de bande dessinée très fourni. Pour diverses raisons, cette maison ne profite pas de la visibilité et de la notoriété qu’elle mériterait. Elle a fêté en 2012 son vingtième anniversaire en éditant un livre sous-titré « l’animal a 20 ans ». C’est un gros recueil de bandes dessinées réalisées pour l’occasion par les artistes ayant publié un titre chez 6 Pieds sous terre. Ils y reviennent fréquemment sur l’expérience éditoriale qu’ils y ont vécu, ce qui fournit un éclairage multiple sur son activité. Un texte plus historique clôture l’ouvrage.

La Véritable histoire de FuturopolisBien entendu, les éditeurs indépendants n’ont pas attendu les années quatre-vingt-dix pour faire paraître des livres et élaborer des politiques éditoriales audacieuses. L’Association n’est-elle d’ailleurs pas la fille de Futuropolis ? La maison associative est en effet née de l’expérience interrompue de la revue Labo, publiée chez Futuropolis, dont le co-fondateur Étienne Robial est resté proche de Jean-Christophe Menu. Robial n’était pas le seul créateur de Futuropolis première version (la marque Futuropolis fut cédée par la suite par Étienne Robial à Gallimard et à Soleil Productions, réunis dans une alliance qui étonna). Florence Cestac, qui faisait partie de l’équipe, a raconté en bande dessinée La véritable histoire de la Futuropolis, un ouvrage paru en 2007.

Une scène dans l'ombreUne scène dans l’ombre, de Nicolas Auffray, est un livre qui mérite la plus grande attention pour qui s’intéresse à l’émergence de la bande dessinée indépendante. Focalisé sur le microcosme rennais, l’ouvrage cumule une approche historique et analytique.  Il explique judicieusement les conditions qui ont permis l’éclosion d’éditeurs indépendants, un contexte favorable entraînant l’apparition et le développement d’une génération d’artistes produisant eux-mêmes leurs livres. Un ouvrage très recommandable.

Textyle n° 36-37 - La bande dessinée contemporaineLes analyses sont également de rigueur dans l'intéressant numéro 36-37 de la revue universitaire belge Textyles, en date de 2010. Intitulé « La bande dessinée contemporaine », ce numéro double consacre une partie de ses pages à l’étude du contexte éditorial moderne. On lira notamment l'article de Tanguy Habrand examinant la notion de « récupération » avancée par Jean-Christophe Menu dans son ouvrage Plates-bandes évoqué ci-avant.

Pré Carré numéro 5Côté revue, on pourra également consulter le cinquième numéro de Pré Carré, qui donne l’occasion à Alexandre Balcaen de commenter l’aventure éditoriale de la maison The Hoochie Coochie. On lira avec intérêt les constatations concernant la question de la motivation des fondateurs de la maison d'édition indépendante, mais également à propos distribution des livres et de leur accueil par les libraires (spécialisées ou non dans la bande dessinée).

Comix Club numéro 1C’est encore à propos la distribution des livres de bande dessinée que le critique et traducteur Jean-Paul Jennequin prend la plume pour un texte engagé, titré « La distribution en question », publié dans le premier numéro de la revue Comix Club. Ce même numéro propose par ailleurs la retranscription d’une table ronde sur la « Nouvelle bande dessinée ». Y participaient notamment Jean-Christophe Menu de L’Association et Loïc Néhou, d’Ego comme X.

 

Dossier réalisé en mars 2016
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