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Wallace Wally Wood

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Si c'était à refaire...

Guillaume Laborie

Editeur : PLG

Collection : Mémoire vive

Année d'édition : 2014

Première édition : 2014

200 pages

16 x 24 cm - 550 gr

Langue : Français

ISBN : 9782917837191

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Wallace Wally Wood


Ce quatorzième ouvrage de la collection Mémoire vive, dirigée par Philippe Morin, reprend les attributs qui distingue cette série de livres consacrée à la bande dessinée. Un format in-octavo donc, une couverture souple à larges rabats, un dos carré contre lequel sont collés les cahiers, une impression monochrome, si l'on excepte la couverture. Une nouvelle fois, la maquette a été conçue par Luc Duthil (lequel a par ailleurs signé un livre dans la collection). La couverture est une belle réussite. À l'intérieur, un large pavé de texte est composé en Chaparral Pro coule de page en page, rompu par des illustrations (légendées et presque toujours datées) qu'on aurait aimé plus nombreuses. Outre une bibliographie critique, on notera un index (pas si fréquent dans la collection), les deux appareillages scientifiques permettant de prendre la mesure du travail réalisé par l'auteur. Plaisant et confortable à lire.

 

Notule de lecture d’Hector Vadair :

Si c'était à refaire... : Guillaume Laborie ne change rien, mais réhabilite Wallace Wood

Lors d'une année très chargée au niveau de la production éditoriale et des hommages rendus à Jack Kirby1, il est évidemment difficile de remarquer et faire un peu de place à un petit bouquin paru chez un éditeur à la puissance de communication limitée, consacré à un auteur américain "maudit", mort depuis les années quatre-vingt, et que le grand public moderne n'a eu que trop peu l'occasion de lire depuis au moins deux décennies2.

Néanmoins, ce livre mérite votre attention, car il paraît dans la très intéressante collection de PLG "Mémoire vive",  où les auteurs développent, au sujet de créateurs de bande dessinée, un ton et une originalité de point de vue rarement vue ailleurs, en France en tous cas.

Dans un format agréable 16 x 24 cm, dos carré collé, avec rabats, ce livre de 200 pages évoque avec une grande maîtrise la carrière d'un des auteurs de comics les plus influents de l'âge d'or.

Composé de 9 chapitres3 établit chronologiquement, l'ouvrage montre page après page la naissance, l'évolution d'un grand artiste, puis sa déchéance, liée à de nombreux problèmes, d'ordre psychologiques, alcooliques, et sociétaux.

Guillaume Laborie, déjà responsable d'un ouvrage consacré à un autre auteur de comics très particulier : Jim Steranko (Tout n'est qu'illusion, Les Moutons électriques, 2009) nous dévoile les dessous de l'industrie comics aux USA des années quarante aux années quatre-vingt, par le truchement de ce petit homme mal dans sa peau, qui finira pas se tirer une balle dans la tête, ayant l'impression d'avoir raté sa vie, sinon sa carrière.  Mais ce gars-là méritait cet hommage en Français, ne serait-ce qu'aux vues de l'énorme quantité de travail fournit, et l'influence qu'il a pu laisser sur les artistes venus après lui, des années soixante à aujourd'hui.

On croise dans Si c'était à refaire… tout le Gotha du comics aux États-unis, et par moment, ce livre renvoie justement en écho à celui de Mark Evanier consacré au King Jack Kirby (Harry N. Abrams, 2008).

Wallace Wood était encreur, et un des plus grands ayant jamais existé, mais aussi un sacré dessinateur, et il a travaillé avec les plus grands, tout comme il a travaillé pour la plupart des maisons d'éditions de l'âge d'or, d'argent et de bronze : Atlas, Timely, DC,Marvel, EC comics, Eerie, Warren, Tower, …

Il a aussi monté ses propres structures, a été un des premiers à familiariser l'auto publication avec son fanzine Witzend dés l'été 1966, et a crée ou a été à l'origine d'une ribambelle de  personnages ou de concepts, dont on ne réalisait pas encore complètement l'importance il y a peu. (D'ailleurs, certaines de ses œuvres sont encore découvertes et/ou réévaluées aujourd'hui.)4

On pense à ses superbes dessins ou encrages pour les histoires de science fiction de Weird fantasy, celles de Frontline combat, celles pour Creepy,  ses encrages de Jack Kirby pour les Challengers of the unknown, le come back de Daredevil en 1964 (avec la tenue rouge !), les Thunder agents, Cannon, son essai magique pour la reprise ratée de Prince Valiant en 1970, Wizard King, mais aussi sa contribution aux cartes Mars attacks (Topps), et dans une autre mesure, son implication dans l'érotisme grivois en bande dessinée (voire la pornographie à la fin de sa vie) avec Sally Forth, et de nombreuses illustrations dans divers magazines, dont Screw, ou Big Apple comix, ou Mad.

On voit passer dans ce livre noir et blanc, assez peu illustré, (62 images en tout au fil des pages, dont une photo prise à Angoulême en 1977)  de nombreuses informations, et des anecdotes précises, qui renvoient à autant de références en fins de chapitres, faisant de celui-ci un incontournable sur le sujet en français.

Guillaume Laborie fait montre d'un désir de partager sur l'artiste sans borne, et son amour pour ce dernier transparaît à chaque page. Mais il ne tombe pas dans l'hagiographie, et les citations de nombreuses personnes ayant côtoyées l'artiste permettent de dresser le portrait d’un homme doué, mais perturbé, qui n'aura semble t-il jamais vraiment trouvé sa place.


(1) De nombreux ouvrages, conférences et expositions ont été consacrés cette année 2014 en France au King of comics : chez Neofelis éditions (2 volumes bibliographiques spécialisé), chez Urban comics ("King of comics"), mais aussi les rééditions depuis quelques années de : Kamandi, Anthologie Kirby, OMAC, Le quatrième monde...
 (2) À cause d'une bibliographie française récente quasi inexistante, ou sinon dispersée dans quelques recueils. (cf. : Tales from the Crypt, Blazing combat ou Frontline combat chez Akileos)
Nb : à l'aspect maudit, on rajoutera celui de "fou", en référence au livre ultime "Mad artist against the gain", que l'on peut traduire par "L'artiste Mad (ou "fou", jeu de mot avec la revue Mad à laquelle il collaboré), contre le grain" référence aux tempêtes subies par les marins en mer et que Wallace Wood a lui vécu contre ses pairs et éditeurs successifs.
(3) Plus 13 pages bonus "Le style de Wood", où l'auteur délivre une sorte de "recette" de l'artiste, en décortiquant quelques planches fameuses. Puis une bibliographie critique et un index.
 (4) Cf le jeux des paquets de cartes chewing-gum Mars attacks de chez Topps.

Source : Le blog BD d’Hector Vadair – (c) Hector Vadair

« Si c'était à refaire, je ne recommencerais pas. Et pourtant, je ne suis pas mécontent de là où j'en suis... » Affaibli par la maladie, Wallace Wood (1927-1981) oscillait alors entre pessimisme et optimisme. Son parcours impose pourtant le respect et est jalonné de nombreuses récompenses (deux nominations aux Hugo Awards, deux Alley Awards comme meilleur dessinateur de l'année, un prix de la meilleure campagne publicitaire... et même un prix du Meilleur Album étranger à Angoulême en 1977 !).
Comme beaucoup de ses confrères, il effectue d'abord des débuts chaotiques dans la jungle du comic book des années quarante, participant à toutes les modes et s'essayant à la romance et au western. Pionnier de la science-fiction au sein des E.C. Comics, il synthétise les merveilles de la technologie et de la science avec les terreurs de la Bombe et de la guerre froide. Sa vison devient plus féroce avec l'épreuve de la censure et du maccarthysme, il développe alors un cynisme et un humour ravageur qu'il déploie dans les pages de Mad. Il est un des piliers de la transition de ce comic book en magazine grand format noir et blanc qui va révolutionner l'humour américain et essaimer ensuite dans toute l'Europe.
Au tournant des sixties, il anticipe l'underground, la vague héroïc fantasy et le phénomène de l'auto-publication en une frénésie d'actes singuliers puissants, tout en livrant queqlues-unes des plus belles pages du renouveau des super-héros avec Dardevil ou les T.H.U.N.D.E.R. Agents pour les grosses compagnies qui l'exploitent.
Dans les années soixante-dix, il devient le créateur de Cannon, l'exécuteur impitoyable, de Sally Forth la pin-up ultime et d'Odkin, l'elfe astucieux qui traite d'égal à égal avec les dieux. Derrière toutes ces création se place un seul homme à la personnalité complexe, déchiré entre une violence intérieure grandissante et une timidité presque maladive, à la fois débordant d'optimisme et profondément insatisfait, un homme de son temps et de son espace...

Introduction    p. 7

1. Origines    p. 9

2. Premiers travaux    p. 18

3. E.C. ou ailleurs    p. 27

4. « My World »    p. 50

5. La chute de la maison E.C.    p.75

6. Vers d'autres étoiles    p. 87

7. Le temps des super-héros    p. 107

8. Witzend    p. 126

9. This is the end    p. 160

Conclusion    p. 175

Bonus - Le style de Wood    p. 181

Bibliographie critique    p. 194

Index    p. 195

Table des matières    p. 200

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