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La bande dessinée au tournant

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Thierry Groensteen

Editeur : Les Impressions nouvelles

Année d'édition : 2017

Première édition : 2017

0 pages

14, 5 x 21 cm - 200 gr

Langue : Français

ISBN : 9782874494369

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La bande dessinée au tournant


Petit in octavo, imprimé en noir et blanc (pas d'illustration) hormis la couverture souple, au dos carré, laquelle est bellement mise en valeur par un dessin d'Alexandre Clérisse redoublé d'une composition typographique dont on ne connaît pas l'auteur. Joli pavé de texte intérieur, aux marges généreuses. Les pages sont vite tournées ; quelques notes, renvoyées en bas de page sous un demi filet dont l'utilité n'est pas avéré ne suffisent pas à ralentir la lecture. Le libraire trouve que le rappel, en haut de page, du titre de l'ouvrage et du nom de son auteur est un peu trop voyant (« un corps plus petit n'aurait-il pas suffit ? », peut-on l'entendre marmonner). Mais c'est anodin. L'ouvrage est co-édité, ou du moins réalisé en partenariat avec La Cité internationale de la bande dessinée et de l'image, dont le nom figure sous celui de l'éditeur (Les Impressions nouvelles) en quatrième de couverture. Toutefois, un avertissement en page 3 précise qu' « il s'agit d'un livre d'analyse et d'opinion. Son contenu n'engage pas la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image ». 

 

Notule de lecture de Harry Morgan et Manuel Hirtz :

Nouvel état des lieux de la bande dessinée, dix ans exactement après celui établi par le même auteur dans Un objet culturel non identifié (L'An 2, 2006). Si la pénétration de l’analyse et la faculté de synthèse de l’auteur forcent l'admiration, on peut se demander s’il ne pèche pas par optimisme. Car enfin, quelle bande dessinée, pour quel tournant ? L’excellent dessin de couverture d’Alexandre Clérisse montre de façon caractéristique une route sur pilotis qui tourne court au bord d’un à-pic.

Le paysage que peint insouciamment Thierry Groensteen est un paysage dévasté. La production éditoriale est caractérisée par une fuite en avant, au détriment des auteurs, dont le statut relève désormais du précariat. La situation n’est pas plus brillante sur le plan culturel. Le statut de la bande dessinée s’est certes considérablement amélioré, mais c’est dans le cadre d’une culture tombée au dernier degré de la superficialité, dont les arbitres sont les médias de masse. Si la réédition des classiques est un phénomène indéniable, elle représente une goutte d’eau dans la production et elle n’intéresse qu’une infime fraction d’esthètes, les médias étant incapables d’assurer le rôle de prescripteurs, faute de connaissance suffisante du médium. Certes la bande dessinée fait l’objet de recherches universitaires, et les chercheurs qui s’y intéressent n’ont plus rien à envier aux exégètes opérant hors université, mais il n’y a toujours pas d’enseignement universitaire spécialisé du domaine et il n’y en aura jamais, les formations supérieures existantes étant destinées à de futurs praticiens du médium.

Quant aux mouvements dégagés par l’auteur, tels que l’émergence de nouveaux genres (reportage, vulgarisation), la féminisation de la profession, la muséisation de la bande dessinée (et la spéculation sur les planches originales), qui sait s’il n’apparaîtront pas dans vingt ans comme plus révélateurs des lubies d’une époque que de l’évolution de la bande dessinée elle-même.

La conclusion de l’ouvrage montre bien toute l’ambiguïté de la situation actuelle de la bande dessinée, puisque Thierry Groensteen réaffirme les potentialités créatrices d’une forme d’expression qui a pris conscience d’elle-même, tout en paraphrasant un discours économiste pour appeler les éditeurs à la raison et à la restriction, via de nécessaires ajustements du marché.

On peut noter par parenthèse que l’accession de la bande dessinée à la légitimité était annoncée par ses premiers exégètes. Un Robert Escarpit, écrivant en 1965 (La Révolution du livre, Unesco et PUF) prédisait que la bande dessinée accéderait à la dignité de genre littéraire quand ceux qui en faisaient leur lecture habituelle seraient capables de formuler un jugement esthétique et de le faire entendre. Mais l’histoire est imprévisible par définition et, si un tel changement de statut entraîne forcément des gains et des pertes, les uns et les autres ne sont pas nécessairement ceux qu’on avait escomptés.

Source : The Adamatine - (c) Harry Morgan et Manuel Hirtz

La bande dessinée est aujourd'hui à un tournant de son histoire. Son image sociale s'est considérablement améliorée, sa légitimité culturelle ne fait plus guère débat. Or ces évolutions, qui font d'elle un objet de mieux en mieux identifié et de plus en plus reconnu, se produisent alors que le marché, lui, au sortir d'une période de croissance continue, connaît une véritable crise, impactant tant les marges des éditeurs que les revenus des auteurs. Dans le cadre des États généraux de la bande dessinée, lancés en janvier 2015, qui se proposent de « faire un bilan et une analyse la plus exhaustive possible de la situation », ce petit livre interroge à chaud les évolutions récentes de la production éditoriale, la féminisation de la profession, l'essor de la non-fiction, la situation de l'édition alternative, la multiplication des formations spécialisées, la percée de la bande dessinée sur le marché de l'art, sa place à l'université et quelques autres questions d'actualité.

Historien et théoricien de la bande dessinée, Thierry Groenseen est chargé de mission auprès de la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image, rédacteur en chef de la revue en ligne NeuvièmeArt2.0, directeur de collection chez Actes Sud et auteur de nombreux ouvrages.

Dix ans après, la bande dessinée est-elle toujours un objet culturel non identifié ?    p. 5

.

1. Édition : le monde où se fabriquent les livres    p. 9

. Des éditeurs plus nombreux, une production qui augmente    p. 10

. Une économie tendue, préjudiciable aux auteurs    p. 14

. Les grandes manœuvres    p. 17

. La redécouverte du patrimoine    p. 20

. De l’hydre comme nouvelle figure du héros    p. 25

. De nouveaux genres émergent    p. 29

. L’évolution des supports    p. 42

. La féminisation de la profession    p. 47

. Comment rester alternatif ?    p. 57

.

2. Réception, médiation, valorisation : le monde où se fabrique la valeur    p. 69

. Les politiques culturelles    p. 69

. Un enseignement en pleine mutation    p. 77

. Comment la bande dessinée devient un objet de recherche dans le monde académique    p. 83

. Nouvelle phase critique    p. 90

. Quand la bande dessinée s’expose à être vue    p. 95

. Planches… à billets ?    p. 103

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En quête d’avenir    p. 111

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