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Système de la bande dessinée

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Thierry Groensteen

Editeur : PUF Presses Universitaires de France

Collection : Formes sémiotiques

Année d'édition : 1999

Première édition : 1999

208 pages

15 x 21,5 cm - 325 grammes

Langue : Français

ISBN : 9782130589846

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Système de la bande dessinée


La taille de l'ouvrage n'en impose guère, et vérifie cette vérité de bon sens que l'intérêt d'un titre n'est pas en rapport avec le format du livre. Du coup, il tient bien en main sous sa couverture souple, et sa lecture est facilitée par des pages au papier légèrement jaune, qui évite d'agresser l'œil. L'ouvrage est dense, et les illustrations parcimonieuses. Toutes légendées, les seize reproductions présentent à chaque fois une page entière de bande dessinée ou une double page. L'appareillage général du livre confirme sa vocation d'ouvrage de référence : notes, index, tables, tout est parfaitement fonctionnel.

 

Notule de Harry Morgan et Manuel Hirtz :

Les analyses sémiotiques de la bande dessinée, inaugurées par Pierre Fresnault-Deruelle en 1972, avec La Bande dessinée : l’univers et les techniques de quelques comics d'expression française, se heurtent à un problème fondamental : faute de trouver dans le dessin des unités élémentaires, il est impossible de définir un système, conçu comme une combinaison d'éléments selon des modalités permises ou défendues, et a fortiori une double articulation de type morphologie/syntaxe. En d'autres termes, il n'y a pas de langage de l'image ! (Un langage est : 1. un système, 2. doublement articulé.) Face à cette difficulté, les auteurs avaient le choix entre deux positions également inconfortables : postuler l'existence d'unités élémentaires (Gauthier), ou admettre que ces unités constitutives n'existaient pas et... passer outre (Masson).
Quant à l’analyse du récit dans les littératures dessinées, les auteurs se contentaient jusqu'à présent de reprendre soit la narratologie à la Todorov, soit l'analyse sémantique de Greimas, dont on n'a jamais apporté l'ombre d'une preuve qu'elle s'appliquait à autre chose qu'à des récits de type « conte merveilleux » ou « récit d’aventures ».
On pouvait supposer, en face d’un échec aussi patent, que la recherche sérieuse s'orienterait vers d'autres voies. Or l'un des meilleurs spécialistes du domaine s’est lancé depuis une dizaine d’années, ponctuées par des articles et des travaux universitaires, dans une sémiotique de la bande dessinée qui repose sur des bases saines. Groensteen parle d'une nouvelle sémiotique ou d'une néo-sémiotique (le terme a déjà été employé par Fresnault, et avant lui par Barthes, qui l'emploie pour l'étude du symbolique). Tout en acceptant l’idée d’un langage de la BD, Groensteen réfute que celui-ci repose sur des signes élémentaires. L'unité minimale est la case, puisqu'il est impossible de décomposer plus bas. Les codes les plus importants concernent l'articulation des vignettes dans le temps et dans l’espace. Ils obéissent à des critères aussi bien visuels que narratifs et le détour par le langage que postule la narratologie est donc inutile.
La BD étant caractérisée par la coprésence d'images (la solidarité iconique), les notions essentielles sont leur mise en relation du point de vue du sens, dont l'étude est l'arthrologie, c'est-à-dire la science des articulations (c'est à Ricardou que Groensteen a emprunté le mot, mais l’arthrologie est prédite par Barthes dès les Eléments de sémiologie), et leur distribution spatiale ou spatio-topie.
L'opération essentielle de l'arthrologie est le découpage (la séparation du contenu narratif en paquets). L’opération essentielle de la spatio-topie est la mise en page (l’agencement de l’espace compartimenté de la page). Mais, à côté d’une arthrologie restreinte, axée sur les séquences de vignettes, il existe une arthrologie générale, mettant en relation des vignettes distantes (tressage).
Entrent dans la morphologie de la BD vignette et cadre, strip, planche. La bulle est un espace additionnel, le strip un espace intermédiaire (ce qui tend à établir que la macrosémiotique proposée est franco-belge ; une macrosémiotique des comics mettrait le strip au centre et définirait la page comme un bourgeonnement du strip).
La description de cette morphologie, c’est-à-dire de la spatio-topie, occupe la plus grande partie de l'ouvrage. Ce n'est nullement un défaut, car Groensteen propose une description à la fois complète et rigoureuse, qui représente un immense progrès par rapport aux tentatives précédentes ; l'analyse des six fonctions du cadre de la vignette, ou de la nature du blanc intericonique sont des modèles de clarté, et l’auteur échappe aux idées éblouissantes et floues qui sont l’une des plaies du sémio-structuralisme.
La crainte d’un retour vers le langage explique sans doute en partie deux positions de Groensteen. Il nie, à juste titre, une définition ou une quelconque spécificité de la BD qui tiendrait au mélange de textes et d’images. Plus discutable est l’affirmation que la BD est une narration à dominante visuelle.
On peut s’étonner pour finir que les concepts servant à fonder la possibilité même d’une narration visuelle soient empruntés à la théorie du cinéma, comme si l’auteur avait hésité à affirmer le caractère narratif d'images fixes (prises par exemple dans la peinture ou l’illustration).
Reste qu'en rejetant clairement le postulat vicié des unités élémentaires (et le prétendu lien arbitraire entre le dessin et ce qu’il montre), en proposant malgré tout une analyse sémiologique (où on reconnaît les oppositions morphologie/syntaxe, structure/contenu, syntagme/paradigme), en caractérisant clairement la BD par la solidarité iconique et non par les rapports texte/image, en proposant une analyse fonctionnelle rigoureuse du système de la BD (de la case à la planche), l’auteur donne pour la première fois à la recherche de type sémiotique des fondements incontestables.

 

Source : Le Petit Critique illustré - (c) PLG, Harry Morgan et Manuel Hirtz

La bande dessinée est un mode d'expression séquentiel, caractérisé par la juxtaposition d'une pluralité d'images solidaires. La conduite du récit (découpage) et la gestion de l'espace (mise en page) y sont donc deux opérations indissociables, qui ne cessent de s'informer et de se déterminer mutuellement.
Cet ouvrage propose une analyse neuve des fondements du langages de la bande dessinée. Partant de la description minutieuse de ses différentes unités constitutives, il débouche sur une explication des mécanismes producteurs de sens. Des exemples très éclectiques sont étudiés selon une démarche progressive et avec un souci pédagogique constant. Sous-tendu par une réflexion sur la nature même du médium, le système ainsi constitué relève de l'esthétique non moins que de la sémiologie.
Si les fonctions du verbal ne sont pas éludées, l'ouvrage établit la primauté du visuel dans le discours de la bande dessinée. Au-delà du cas particulier du 9e Art, il éclaire d'un jour nouveau la question plus générale de la lecture de l'image, considérée successivement comme un énonçable, un descriptible et un interprétable.

Avec Système de la Bande dessinée, la collection « formes sémiotiques » accueille un essai fort éloigné de l'horizon de pensée analytique, théorique et axiomatique des ouvrages publiés jusqu'ici, notamment en sémiotique visuelle (J.-M. Floch).
La quête du sens qui s'élabore dans ce traité se veut directe, non universitaire, peu soucieuse des préalables académiques. Elle est le fait d'un professionnel incontournable. Thierry Groensteen est l'auteur de nombreux ouvrages critiques sur la bande dessinée, il a fondé et dirigé successivement Les Cahiers de la bande dessinée et 9e Art. Il est actuellement le directeur du Musée de la bande dessinée, à Angoulême.

Introduction    p. 1

Pour une nouvelle sémiologie de la bande dessinée    p. 1

L'inutile dispute des unités signifiantes    p. 3

Une espèce narrative à dominante visuelle    p. 8

L'introuvable définition    p. 14

Pour introduire d'arthrologie et la spatio-topie    p. 25

Chapitre premier - Le système spatio-topique    p. 31

1.1 - Prégnance de la vignette    p. 31

1.2 - Les premiers paramètres spatio-topiques    p. 35

1.3 - L'hypercadre et la page    p. 38

1.4 - De l'importance de la marge    p. 39

1.5 - Le site    p. 43

1.6 - Composer la double page    p. 44

1.7 - Les fonctions du cadre    p. 49

1.7.1. La fonction de clôture    p. 49

1.7.2. La fonction séparatrice    p. 53

1.7.3. La fonction rythmique    p. 55

1.7.3. La fonction structurante    p. 57

1.7.4. La fonction expressive    p. 61

1.7.6. La fonction lecturale    p. 64

1.8 - Un espace intermédiaire : le strip    p. 68

1.9 - Un espace additionnel : la bulle    p. 79

1.9.1. La bulle dans la vignette    p. 80

1.9.2. Les bulles dans la planche    p. 93

1.10 - De l'incrustation    p. 100

1.11 - De la mise en page    p. 107

1.11.1. La typologie de Benoît Peeters    p. 108

1.11.2. Défense et illustration de la mise en page régulière    p. 112

1.11.3. Nouvelles propositions    p. 114

Chapitre II - Arthrologie restreinte : la séquence    p. 121

2.1 - A propos du seuil de narrativité    p. 121

2.2 - Une narration plurivectorielle    p. 126

2.3 - Les plans de signifiance    p. 130

2.4 - A la recherche du blanc    p. 131

2.5 - De la redondance    p. 135

2.6 - Découpage et mise en scène    p. 139

2.7 - Description et interprétation    p. 143

2.8 - Les fonctions du verbal    p. 150

2.9 - Un exercice de tradution    p. 159

2.10 - Découpage et mise en page    p. 167

Chapitre III - Arthrologie générale : le réseau    p. 171

3.1 - Le stade du quadrillage    p. 171

3.2 - Première approche du tressage    p. 173

3.3 - Du site au lieu    p. 174

3.4 - Quelques séries compactes    p. 177

3.5 - Dialogues de page à page    p. 179

3.6 - Le réseau innervé    p. 181

3.7 - Impérialisme du tressage    p. 183

Conclusion    p. 187

Bibliographie    p. 195

Index des noms    p. 201

Index des notions    p. 205

Table des illustrations    p. 207

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